Renforcer les liens entre les communes, accompagner les grandes mutations économiques et maintenir une proximité forte avec les habitants : telle est la ligne défendue par Fabian Jordan, Président de Mulhouse Alsace Agglomération (m2A). Entre développement économique, transition écologique et gouvernance partagée, l’agglomération mulhousienne entend poursuivre sa transformation en misant sur la coopération à tous les niveaux. Entretien.
Quels sont les enjeux de ce nouveau mandat ?
Avec le renouvellement de 60 % des élus communautaires et l’arrivée de 16 nouveaux maires sur les 39 communes de l’Agglomération, ce mandat a une dimension particulière. Deux documents nous servent de boussole : notre Pacte de Gouvernance et notre Projet de Territoire, véritable feuille de route commune pour nos élus et nos agents. Nous devons maintenant les amender avec nos élus et finaliser leur mise à jour avant la fin d’année.
Quelles sont les priorités pour les années à venir ?
Nous allons poursuivre les projets engagés depuis plusieurs années, notamment autour de la récupération de chaleur fatale, mais aussi continuer à faire de la politique autrement en travaillant davantage avec le monde industriel. Nous devons également accompagner les grandes implantations économiques, tout en trouvant le bon équilibre avec les enjeux environnementaux. Cesliens entre les communes semblent être le fil rouge de votre gouvernance… Nous impliquons les élus très en amont des décisions. Lorsqu’un projet est subi, il peut être accepté ou rejeté. Lorsqu’on participe à sa construction, on peut le faire évoluer, l’amender, le modifier. Chaque projet passe par la Conférence des Maires pour construire et valider les orientations de nos politiques publiques ensemble. Nous associons également la société civile à travers le Conseil de Développement,instancededémocratieparticipativede m2A. Notre objectif reste de garantir le même niveau de service et la même tarification sur l’ensemble du territoire, que l’on vive dans une petite commune ou dans la ville-centre. C’est le cas pour nos périscolaires, par exemple, avec une importante prise en charge de son coût total par m2A.
« Si un projet estsubi, il peut être rejeté. Si chacun en devient acteur, alors il peut être transformé collectivement. »
Comment souhaitez-vousfaire évoluer le rôle de m2A dansle Haut-Rhin ?
L’idée centrale est de renforcer la coopération entre les 16 intercommunalités du Haut-Rhin afin d’avoir une réflexion commune. Si nous additionnons nos capacités d’action, notre force devient considérable. Le rôle de m2A est d’être une locomotive, pas d’imposer une manière de faire.
Quels sont les leviers essentiels pour renforcer l’attractivité du territoire ?
L’attractivité de notre territoire passe par de grandes implantations économiques. Si tous les projets se concrétisent, cela représentera près de 4 milliards d’euros d’investissements et environ 3 000 emplois à horizon 2030. Mais il faut aussi accompagner nos entreprises déjà présentes et poursuivre le travail sur les friches comme DMC ou Fonderie afin de créer de véritables quartiers de vie. Pour y parvenir, le partenariat avec la ville-centre est indispensable. Nous sommes interconnectés : si Mulhouse va bien, alors m2A va bien. Nous avons d’ailleurs nommé le Maire de Mulhouse Président de notre Agence d’Attractivité Mulhouse Sud Alsace.
Quel regard portez-voussur le rôle des médias locaux aujourd’hui, notamment sur l’émergence d’un média tel que Focus Public ?
Les médias de proximité sont aussi essentiels que les élus de proximité. L’échange direct reste primordial. L’émergence d’un média comme Focus Public témoigne du dynamisme et de l’audace de notre territoire.
Et enfin, à quoi doit ressembler m2A à la fin de votre prochain mandat ?
À un territoire encore plus coopératif. Nous pouvons aller plus loin à l’échelle du HautRhin en fédérant toutes les énergies autour des grands projets structurants. La coopération demande de l’humilité, et c’est probablement ce dont la politique a le plus besoin aujourd’hui.