Maire de Hœnheim, vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg et conseiller d’Alsace, Vincent Debès porte un regard transversal sur les enjeux du territoire. Entre proximité, investissements et attractivité, il défend une action locale qui se construit à plusieurs niveaux.
- Comment vos fonctions de maire, conseiller métropolitain et conseiller d’Alsace se complètent-elles ?
Ces fonctions sont très complémentaires. À l’Eurométropole, je représente Hœnheim parmi les 33 communes membres, et être conseiller d’Alsace permet d’avoir une vision plus large du territoire. À titre d’exemple, alors que la commune s’occupe des écoles, la Collectivité européenne d’Alsace est en charge des collèges : travailler ensemble favorise le parcours éducatif des jeunes et la réalisation des projets.
- À la tête de l’Association des Maires du Bas-Rhin depuis 2017, quelles évolutions vous marquent le plus ?
Les attentes se rapprochent entre communes rurales, périurbaines et urbaines. Avec le coût du foncier, mais aussi le Covid, la campagne a vu affluer des habitants qui souhaitent trouver des services comparables à ceux des villes. L’enjeu consiste à préserver la vitalité de ces territoires. L’accès aux soins est aussi une préoccupation forte, avec des médecins qui partent à la retraite sans successeur. D’une manière générale, je suis impressionné par les maires des petites communes, qui doivent sont sur tous les fronts.
- Hœnheim conserve une identité forte au sein de la métropole. Quelle réalisation incarne le mieux cette vision ?
Nous avons par exemple créé une Maison de santé, qui comprend notamment deux nouveaux médecins. Mais nous avons surtout beaucoup investi dans nos écoles, avec notamment le lancement d’un chantier de plus de 10 millions d’euros pour agrandir et rénover l’école maternelle du Ried et renforcer son isolation thermique. L’éducation reste une priorité : élèves et enseignants doivent être en mesure de travailler dans les meilleures conditions.
- L’Eurométropole vient de créer un Conseil métropolitain de l’économie. Qu’en attendez-vous ?
Le dispositif est récent, mais l’enjeu est important : une métropole doit permettre aux entreprises de s’installer et de créer de l’emploi. Toutes zones d’activités confondues, Hoenheim représente environ 4000 emplois. Avec mon adjointe aux finances et à la vie économique, nous avons rencontré France Travail pour développer les échanges avec les entreprises, en vue de rapprocher entreprises et demandeurs d’emploi.
- Quels atouts le nord de l’agglomération peut-il valoriser pour renforcer son attractivité ?
Nous disposons d’un tissu économique dense et d’un solide réseau de transports. Pour renforcer son attractivité, je pense qu’il est capital de maintenir les entreprises, de reconvertir certaines friches et de rapprocher lieux d’emploi et d’habitation afin de limiter les déplacements pendulaires. Nos communes sont saturées matin et soir, particulièrement Hœnheim, située sur un important axe de circulation et traversée par trois passages à niveau. [Le développement du REME est intéressant, mais son cadencement implique aussi des conséquences sur nos déplacements].
- Un dernier mot ?
En tant que président de l’Association des Maires, j’assiste à des renouvellements d’élus et à l’arrivée de nouvelles équipes, et à chaque fois, je retrouve cette passion et cette envie de bien faire, chez les anciens comme chez les nouveaux. Malgré les restrictions financières, cette flamme est toujours là. Je suis heureux de voir des femmes et des hommes prêts à s’engager pour le bien-être de leurs concitoyens.